Conjoncture économique : Le GECAM fait son analyse
À Douala le 10 septembre dernier, le Groupement des Entreprises du Cameroun a organisé sa « rentrée économique ».
Deux ans après sa première édition, le GECAM (Groupement des entreprises du Cameroun) a tenu jeudi, 10 septembre 2026 à son siège de Bonanjo-Douala, la deuxième « rentrée économique du patronat ». Devant la presse, son président, Célestin Tawamba, a livré son diagnostic de la trajectoire économique du pays, à quelques semaines de l’élaboration du budget 2027. Il a précisé que le patronat entendait proposer une lecture de la conjoncture, « en acteur de terrain » plutôt qu’en arbitre extérieur. Le président du GECAM a notamment évoqué les attentes non atteintes de la croissance : le FMI table sur une croissance de 3,3 % en 2026, contre 4,3 % retenus par la loi de finances. M. Tawamba a particulièrement insisté sur l’exécution budgétaire. Sur le volet de l’énergie, le président du GECAM a reconnu les avancées comme la mise en service du barrage de Nachtigal et ses 420 MW supplémentaires. Il pointe toutefois un paradoxe : la capacité produite n’atteint pas les zones industrielles, faute de réseaux de transport et de distribution adaptés. Conséquence concrète : 65 % des entreprises camerounaises recourent à un groupe électrogène, à un coût pouvant représenter jusqu’à sept fois le tarif industriel. Pour les routes, plusieurs corridors stratégiques (Douala-Bafoussam, Douala-Yaoundé, Edéa-Kribi, Ngaoundéré-Kousseri) continuent de se dégrader malgré une enveloppe 2026 de 660,4 milliards de F. Concernant le numérique, le taux de pénétration du haut débit stagne à 22 % depuis dix ans, faute d’exploitation des câbles sous-marins déjà disponibles.
Par Rita DIBA – Cameroon Tribune


