Cameroon Business Forum : Tapis rouge aux entreprises
La 12e session de la plateforme de dialogue public-privé ouverte à Douala hier par le Premier ministre, chef du gouvernement, avec en ligne de mire des réformes concrètes pour améliorer le climat des affaires.
Le Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute a présidé hier à Douala, la cérémonie d’ouverture de la 12e édition du Cameroon Business Forum (CBF), un mécanisme de dialogue public-privé. Une édition symbolique qui intervient exactement sept ans après la dernière, tenue à Yaoundé le 22 octobre 2019.
C’est donc plein d’espoir que les mouvements patronaux, les regroupements professionnels, les chambres consulaires, les partenaires techniques et financiers se sont retrouvés avec le gouvernement, largement représenté, pour reprendre publiquement ce dialogue dont l’objectif ultime est l’amélioration du climat des affaires au Cameroun.
Et pour coller à l’actualité dominée par la mise en œuvre d’un marché commun africain pour lequel le pays doit être prêt, le thème central des échanges de deux jours est : « ZLE-CAF et transformation productive : quelles réformes pour faire du Cameroun un pôle industriel et commercial majeur en Afrique ? ».
Pour le Premier ministre, l’enjeu est si important que le Cameroun en a très tôt pris la mesure, en signant notamment l’accord de mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine dès mars 2018, puis en le ratifiant l’année d’après ; avant de se doter d’une stratégie nationale de mise en œuvre en 2020 pour 15 ans, adossée au Plan national d’industrialisation.
« Mais un accord, si ambitieux soit-il, ne crée pas à lui seul la prospérité. Ce sont nos entreprises, par leur compétitivité, qui transforment ces opportunités en richesses et en emplois. Encore faut-il qu’elles en aient les moyens », a souligné Joseph Dion Ngute.
Il est donc question, au-delà des échanges fructueux et participatifs organisés lors des précédents CBF, de dégager des idées fortes, susceptibles d’être suivies d’actes immédiats et palpables pour permettre aux opérateurs économiques de bénéficier de véritables conditions de production.
Comme l’a souligné Célestin Tawamba, président du Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM), si « nous ne sommes pas prêts à exporter, les autres seront prêts à nous vendre chez nous ce qu’ils produisent chez eux ».
De l’avis de Christophe Eken, président de la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat (CCIMA), une enquête menée par cette structure a permis de constater que 66 % des entreprises interrogées signalent la hausse des prix de leurs fournisseurs ; 63,5 % évoquent le poids de la fiscalité ; 45 % le coût élevé de l’énergie ; 40,0 % celui des principaux intrants importés ; et enfin 33,5 % les difficultés liées au recouvrement des créances.
Des contraintes qui affectent directement les coûts de production et la capacité des entreprises à soutenir la concurrence. Pour y faire face, il est suggéré de favoriser une meilleure disponibilité des routes en bon état et d’électricité de qualité, un accès facile à la terre et aux financements…
Par Jocelyne NDOUYOU – Cameroon Tribune


